Nicolas Miguet, président de l’Arare (Association de défense des actionnaires révoltés), première association française de défense des actionnaires individuels par le nombre de ses adhérents (près de 6.000) a saisi l’AMF.
Depuis un an et avec une accélération forte ces derniers jours, l’action Peugeot a été matraquée par des vendeurs à découvert. Ceci a réduit (après une augmentation de capital de 1 milliard d’euros pourtant) la valeur du groupe PSA en Bourse à moins de neuf mois des investissements annuels effectués par la société dans ses usines (moyenne annuelle des cinq dernières années), alors que le groupe PSA (filiales comprises) restera proche de l’équilibre au premier semestre de 2012.
De même, le titre Alcatel-Lucent a été divisé par presque cinq en valeur, alors que l’entreprise est passée de pertes à profits entre 2010 et 2011 et sortira également un résultat positif en 2012.
Nicolas Miguet a déclaré : « Je demande à l’AMF d’ouvrir deux enquêtes afin de mettre au clair les opérations qui ont été effectuées sur les titres Peugeot et Alcatel-Lucent au cours des derniers mois, avec notamment la révélation publique des noms des institutionnels dépositaires d’actions qui les ont prêtés à leur profit aux spéculateurs et vendeurs à découvert, souvent à l’insu des vrais propriétaires des actions.
Naturellement, je m’interroge également sur l’augmentation très importante des volumes échangés tant sur le titre Peugeot que sur l’action Alcatel-Lucent dans les semaines et les jours qui ont précédé des annonces importantes. Des délits d’initiés peuvent être légitimement soupçonnés et il est du devoir de l’Autorité des marchés financiers d’enquêter avec diligence sur ces deux dossiers.
Avec opiniâtreté, l’Arare se bat pour une moralisation des marchés financiers et pour la défense des intérêts de ceux qui mettent leur épargne au service de l’économie française, comme les actionnaires individuels de Peugeot SA (PSA) qui ont apporté 1 milliard d’euros en 2012 alors qu’ils n’ont touché aucun dividende au cours de trois des quatre dernières années.
Dès aujourd’hui, l’Arare que je préside demande l’interdiction du système bankster de « prêts de titres » qui nuisent aux intérêts de long terme des entreprises cotées et de leurs actionnaires individuels. J’ai demandé un rendez-vous à ce sujet au Ministre de l’économie et des finances, M. Moscovici. »